
De nombreuses études scientifiques traitent des questions liées
à l’utilisation des médicaments parmi les aînés
et du rôle de leurs aidants naturels. Nous résumons, ci-dessous,
quelques renseignements glanés dans la documentation scientifique.
Quelques références sont citées pour les personnes
qui voudraient mieux connaître l’état de la recherche.
Les aînés et les médicaments
Plus de 75 % des Canadiens âgés ont au moins une maladie
chronique et 33 % en présentent trois ou plus1
1. Williams, I, Rush, D.R. 1986 Geriatric polypharmacy. Hospital
Practice (office edition), 21, 109-112..
La plupart des aînés vivant chez eux prennent des médicaments,
généralement de deux ou trois types par jour2
2. Ibid..
Les aînés représentent 12 % de la population mais
ils consomment jusqu’à 40 % de tous les médicaments
prescrits3
3. Quinn, K.M., Baker, J. & Evans, B. 1992. A population-wide
profile of prescription drug use in Saskatchewan. Canadian Medical
Association Journal, 146, 2177-2186..
En moyenne, 50 % des patients ne suivent pas les indications posologiques
appropriées4
4. Levbovits, A.H., Strain, J.J., Schleifer, S.J., Tanaka, J.S.,
et al 1990 Patient noncompliancee with self-administered chemotherapy.
Cancer, 65, 17-22.. L’utilisation
problématique des médicaments est souvent la cause de
maladies liées à la prise de médicaments et motive
entre 5 % et 23 % des hospitalisations5
5. Grymonpre, R.E., Mitenko, P.A., Sitar, D.S., Aoki, F.Y. et al
1988 Drug-associated hospital admissions in older medical patients.
Journal of the American Geriatric Society, 36, 1092-1098..
La plupart des problèmes sont accidentels et causés par
la confusion, l’oubli ou une méprise6
6. Lau, H.S., Beuning, K.S., Postma-lim, E., Klein-Beemimnk, L. et
al 1996. Non-compliance in elderly people: Evaluation of risk factors
by longitudinal data analysis. Pharmacy World and Science,
18, 63-68..
Questions liées à l'utilisation des médicaments
Le non-respect d’une thérapie prolongée est un problème
très répandu dans le monde, d’après l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS)1
1. World Health Organization. 2003 Adherence to Long-Term Therapies:
Evidence for Action. Genève : WHO, www.who.int/chronic_conditions/adherencereport/en/index.html.. Ce
manque de conformité affecte la santé et entraîne
un accroissement des coûts de santé2
2. L’OMS donne de la conformité cette définition
: « Mesure dans laquelle le comportement d’une personne
– prise de médicaments, régime alimentaire,
changement des habitudes de vie – correspond aux recommandations
convenues d’un fournisseur de soins de santé ».
[Trad.] .
Dans les années 1990, un Canadien sur cinq consommait des médicaments
d’ordonnance tels qu'analgésiques, somnifères, anti-dépressifs
et amaigrisseurs. Les gens consomment plus de médicaments à
mesure qu’ils avancent en âge3
3. Santé Canada. 1995. Enquête canadienne sur l'alcool
et les autres drogues : avant-première 1995. Ottawa
: Ministre des Approvisionnements et Services..
Plus récemment, la consommation des médicaments s’est
accrue car la durée des séjours hospitaliers a diminué4,5
4. Institut canadien d'information sur la santé. Les
soins de santé au Canada 2003. Ottawa, ICIS.
5. Institut canadien d'information sur la santé. 2004. Dépenses
en médicaments au Canada 1985-2003. Ottawa : ICIS..
Cela signifie que par rapport au passé, un plus grand nombre
de Canadiens considérés comme des cas sérieux utilisent
des médicaments en dehors des milieux hospitaliers contrôlés,
notamment les aînés frêles et les enfants atteints
de maladie chronique.
Par nécessité, les membres de la famille (ou bien les
amis ou les voisins) – des femmes pour la plupart – sont
les principaux fournisseurs de soins. L’accès à
des services de soutien à domicile varie d’une région
et d’une communauté à l’autre du pays. L’incidence
des admissions et des réadmissions à l’hôpital
due à des problèmes évitables liés aux médicaments
est considérable6
6. Institut canadien d'information sur la santé. Les
soins de santé au Canada 2004. Ottawa, ICIS..
De multiples professionnels fournissent des services de soutien, y
compris des intervenant(e)s dans les services d’aide, des infirmières,
des physiothérapeutes, des travailleuses et travailleurs sociaux,
des responsables de cas et des pharmaciens communautaires7
7. La Société d'étude du secteur des soins
à domicile. 2003. Étude nationale des ressources
humaines du secteur des soins à domicile : rapport technique.
www.homecarestudy.com..
Le médecin de famille mis à part, ces fournisseurs de
soins et services communautaires sont la seule source d’information
pour les aidants naturels.
Pourtant, moins de 10 % des intervenant(e)s du réseau constitué
de la santé ont une formation qui les prépare à
travailler de concert avec des aidantes et aidants « informels
». Et cela, malgré le fait que 76 % des aidants naturels
souhaitent être mieux informés ou qu’ils recherchent
des conseils ou une formation sur la prestation des soins et les ressources
communautaires8
8. Ibid..
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